Un Petit Tour d'Ariège

Je vous mènerai là où naissent les vents purs,
là où les étoiles se reflètent dans les torrents,
là où l’Ariège n’est plus un mot, mais un monde.
Tèrra d’amor, tèrra d’orguèlh,
Que demòras dins nòstre còr,
Coma una flama que s’acabís pas !
Ariège, Ô mon Pays,
Terre d’amour, terre d’orgueil,
Qui reste dans notre cœur,
Comme une flamme

Ariège, ô berceau d’une enfance éternelle,
Tu vibres dans mes veines, fière et sentinelle,
Tu es l’âme du sud, la source des étés,
Un souffle de liberté dressé sur tes cités.
Tu vibres dans mes veines, fière et sentinelle,
Tu es l’âme du sud, la source des étés,
Un souffle de liberté dressé sur tes cités.
Tel l’isard sur la crête aux aguets du matin,
Tu scrutes les étoiles en gardienne du chemin,
Tes eaux sont des pinceaux, ton ciel une aquarelle,
Et ton silence pur, une cloche éternelle.
Tu scrutes les étoiles en gardienne du chemin,
Tes eaux sont des pinceaux, ton ciel une aquarelle,
Et ton silence pur, une cloche éternelle.
Terre rude et rebelle, épierrée par les bras
De ceux qui t’ont aimée sans jamais dire bas,
Le refus dans ton sol résonne encore fort,
Cathare est ton esprit, secret est ton trésor.
De ceux qui t’ont aimée sans jamais dire bas,
Le refus dans ton sol résonne encore fort,
Cathare est ton esprit, secret est ton trésor.
Et quand l’aigle s’élève au-dessus des plateaux,
Il plane sur ton nom comme un dernier flambeau,
Ariège, feu sacré, mémoire des anciens,
Tu vis en chaque cœur, refuge des Humains.
Il plane sur ton nom comme un dernier flambeau,
Ariège, feu sacré, mémoire des anciens,
Tu vis en chaque cœur, refuge des Humains.
Grotte au ventre béant, cathédrale de pierre, dont la voûte abrita les rêves Magdaléniens,
Je me souviens encor de l’ardente innocence, des cris sur le terrain, du sifflet et des lois,
Oh Mas d’Azil si fier, papistes et huguenots s’affrontant sous tes cieux, disputés par la foi,
Sur le sentier sculpté par le pas du poète, je relis ces vers nus qu’il grava sur le roc aérien.
Sur le sentier sculpté par le pas du poète, je relis ces vers nus qu’il grava sur le roc aérien.

« En vain le souvenir meurt dans le cœur des hommes
Sur le roc par ces vers je veux éterniser Malgré le temps et le peu que nous sommes
Le parfum d’une fleur et l’émoi d’un baiser »
qui ne s’éteint pas !
qui ne s’éteint pas !
Par la route ondulant vers la noble St-Girons, je contemple un instant, paisible et solitaire,
Notre-Dame de Raynaude, au vieux clocher profond, dont le chemin de croix gravit la colline austère,
Quand l’orage fanatique écroula ses remparts, un abbé opiniâtre éleva sa prière,
Et du lointain exil, un richissime ricain, Rockefeller, offrit son or visionnaire.
Puis le pas se poursuit vers Moulis endormi, où frémissent encore les toisons angora,
Petites chèvres blanches au pelage exquis, dont la laine précieuse en secret se broda,
Petites chèvres blanches au pelage exquis, dont la laine précieuse en secret se broda,
À Clermont rendez-vous, autour du four ancestral des Mauret, père et fils mes amis,
Cakes et meringues naissent au temple de la croustade à la pomme attendrie.
Cakes et meringues naissent au temple de la croustade à la pomme attendrie.
À Saint-Lizier la Cathédrale altière se dévoile en son allure éternelle,
Fière bâtisse du Moyen- Âge à l’octogonale tour aux fières fenêtres jumelles,
Abside en cul-de-four, chapiteaux enluminés, le Christ y trône en majesté,
Fière bâtisse du Moyen- Âge à l’octogonale tour aux fières fenêtres jumelles,
Abside en cul-de-four, chapiteaux enluminés, le Christ y trône en majesté,
Sous la voûte immortelle, couronné de lumière et d’ocres parfumés.

Le Trésor, précieusement gardé dans la sacristie, offre au regard fervent mille joyaux pieux,
La crosse d’ivoire claire, la mitre en soie fleurie, les croix et les émaux que bénirent des lieux,
Plus haut, Notre-Dame-de-la-Sède étincelle, chapelle Sixtine où la fresque s’épanouit,
Les sibylles et Jessé, dans leur danse nouvelle,offrent à chaque âme un rêve inassouvi.
Puis l’Hôtel-Dieu, secret des potions vénérables, aux fioles de faïence et scalpels effrayants,
Où dort le vinaigre aux vertus redoutables, élixir prétendu contre le Mal rampant,
Où dort le vinaigre aux vertus redoutables, élixir prétendu contre le Mal rampant,
Enfin se dresse au ciel le palais des évêques, forteresse sacrée dominant le Couserans,
Et sur ses pierres blondes, le vent, comme un ciboire, chante l’orgueil sacré des siècles conquérants.
Et sur ses pierres blondes, le vent, comme un ciboire, chante l’orgueil sacré des siècles conquérants.
Dans la vallée où chante un sabot de légende,
Naquit Esclarisse au regard clair, cœur en offrande,
Son pas léger troublait les bergers de Bethmale,
Qui rêvaient de sa bouche en murmurant des musicales.
Naquit Esclarisse au regard clair, cœur en offrande,
Son pas léger troublait les bergers de Bethmale,
Qui rêvaient de sa bouche en murmurant des musicales.

Sous la bareto rouge et le gilet brodé,
Le fiancé sculptait, le front bas, sans parler,
Un sabot long, si long que tous comprirent un soir
Qu’il y mettait l’ardeur de son plus grand espoir.
Le fiancé sculptait, le front bas, sans parler,
Un sabot long, si long que tous comprirent un soir
Qu’il y mettait l’ardeur de son plus grand espoir.
Au bord de la fontaine où la source ruisselle,
Esclarisse riait, jolie comme un printemps,
Elle trempait ses doigts, son reflet d’étincelle
Dans l’eau claire où dansait son visage d’enfant,
Esclarisse riait, jolie comme un printemps,
Elle trempait ses doigts, son reflet d’étincelle
Dans l’eau claire où dansait son visage d’enfant,
Quand vint la noce aux cloches claires et fidèles,
Elle chaussa le bois, l’orgueil de ses vallées,
Et la pointe effilée, plus fière que l’aiguille,
Raconta leur amour, la promesse et la veille.
Elle chaussa le bois, l’orgueil de ses vallées,
Et la pointe effilée, plus fière que l’aiguille,
Raconta leur amour, la promesse et la veille.
Depuis, dans la vallée où l’Ariège sommeille,
On dit qu’Esclarisse danse encore la merveille,
Sabot d’or à son pied, racine du serment,
Et qu’elle rit la nuit au sabot du torrent.
On dit qu’Esclarisse danse encore la merveille,
Sabot d’or à son pied, racine du serment,
Et qu’elle rit la nuit au sabot du torrent.
Sur le pog escarpé, se dresse Montségur, ses murailles d’orgueil, ses crénelages fiers,
Aux pieds des hauts remparts, l’ostal des purs vivait,les cabanes de bois où la prière veillait,Là, des âmes de paix, vêtues de bure claire, portaient le pur amour, loin de Rome et sa guerre,Dans l’herbe encore humide, dit ce que nul bûcher jamais n’a pu étouffer.
Soudain, le vent s’élève, un vautour déploie son aile ample sur le chemin divin,
Dans ses serres d’acier, un oriflamme ardent brûle comme un serment éclatant au matin,
Et la rumeur du ciel, sur les pierres, chante encore les bonshommes, leurs voix sereines,
Ils furent le refus, le courage et l’honneur, et leurs cendres sacrées parfument leurs veines.

Sur l'Arize, aux reflets d'un éternel miroir, mon village se dresse, fier de son passé,
Dans la mairie jadis, mon père, humble et sage, distribuait le monde et les mots lettrés,
C'est là que je naquis, sous l'aile hospitalière, de cette maison pour tous,
Village où l'autan fait danser les blés d'or, et la vigne en terrasse parmi les cailloux.
Dans les Hautes Corbières, s’élève Bugarach la montagne magique,
Ce Pech mystérieux à la forme renversée à sa réputation ésotérique,
Souviens toi, voyageur, de 2012 quand ce solstice étrange,
Fit naître sur ce lieu des peurs millénaires et des légendes éloignées des anges.
C’est à Couiza au cœur de la vallée que l’Aude et la Sals unissent leur clarté,
L’eau salée descend, vers le château de Joyeuse, de pierre éclatante,
Depuis 1550, ses tours fières s’élèvent construites d’un calcaire aux nuances chantantes,
Aujourd’hui on y sert des festins royaux, dans un Hôtel Restaurant, au charme épuré.

Ô Bordes-sur-Arize, mon berceau, mon abri,
Le porte dans mon cœur ttes ruelles du barri,
Au vaux bien quelques vers, ô patrie infime,
Car ton nom Ariège fait palpiter ma rime.
Guy Pujol dit l’ARIÉ…..JOIE