La Norvège, Royaume des Lumières froides
Dans l’ombre d’un feu né jadis en fureur Christiania en fumée es partie,
Christian IV, roi bâtisseur des fjords, Oslo capitale royale du Nord rebâtie,
Six cent mille âmes sur cinq millions, en font un véritable joyau,
Slottet trônant tel un gardien, sous les dorures et les drapeaux.

À Bjorvika, dans son vaisseau de verre, l’opéra offre son toit aux pas des passants,
Cent vingt et un êtres vers le ciel grimpent le Monolithe éternel de Vigeland,
Parmi les statues de granite et de bronze, une parmi tant d’autres retient l’intérêt,
Poing et front serrés, l’enfant a figé sa colère dans l’éternité.

Dans le silence du bois sacré, un drakkar de bois ouvragé,
Vers l’au-delà, conduisit une reine, noble et sacrée,
À Bygdoy, l’écho des siècles s’éveille, au musée des navires vikings,
Sous des coques noires, les bateaux du passé dorment en caravaning.
Au Fram Museum, l’on salue l’audace des héros des glaces,
Fridtjof Nansen, cœur d’explorateur, sur Fram y laissa sa trace,
Au musée du flottage de la Vorma le bois flotté glisse entre les rocs,
Retraçant l’épopée des hommes sur les flots mouvants, guidant les troncs.
Près de Geiteryggen, le Valdres scintille sous ses flocons soyeux,
Les hauts plateaux gardent leur blanc secret sous les cieux,
Au fond du vallon ciselé coule une rivière de neige et d’argents,
Flåm, discret, veille tandis que l’eau court vers ses reflets nageant.
Par le col des congères géantes vers Voss, entre pics et vents,
On file pour prendre le train Flåm aux rails pendants,
De Flåm à Myrdal, monte un train qui brave les précipices,
Ses rails penchés frôlent les falaises et les périls sans délices.
À Kjosfossen le train s'arrête, face au voile de fée d’eau chantante,
Devant la cascade suspendue rugit un flot d’eau vive bruissante ,
Après le fjord de Hardanger la cascade Voringsfossen tombe, sauvage,
Celle de Steinsdalen cache un sentier sous son flot où le promeneur marche sous le babillage.

Geiranger ouvrait ses bras de montagnes, ses chutes murmuraient des mots d’anciens âges,
Le vent salé caressait les fjords d’argent, les eaux glissaient, profondes, lentes, paisibles,
Sur l’eau miroitante, surgissent les Sept Sœurs, cascade aux voiles fins, bijoux du voyage,
Puis l’hôtel Sagafjord, sur son toit, des jardins, font pousser la nature sensible.
Enfin Ålesund, posée sur les flots clairs, belle au cœur de l’eau,
Renaissant des cendres d’un funeste matin, rebâtie sans repos,
Reine du fjord, joyau au cœur marin où l’Ouldra, invisible, glisse sur les pavés,
Réveillant la magie d’une des plus belles villes de Norvège qu’on croyait oubliée.

Au bord de la Nidelva à Trondheim la fière cathédrale,
Depuis 1070, ses pierres content, l’histoire d’un peuple boréal,
Sous l’ombre des voûtes de la Nidaros, la foi des luthériens,
En ce lieu consacré scella le règne de Harald et Sonja souverains norvégiens.
Vers le nord déferlent les ponts suspendus qui relient les îles Lofoten,
À Moskenes flottent les senteurs salées des morues séchées sur bois bien dressés,
Là où les rorbuers rouges du bord de mer, abritent les rêves des pêcheurs fatigués,
À Kabelvåg, une église en bois depuis 1898, garde les flots sans serments.

Ainsi Tromsø la Blanche écrit-elle son épopée, deux peuples composent sans se connaître,
L’un avec des archets, l’autre avec des traces de traîneaux dans le ciel géomètre,
Le soleil, seul chef d’orchestre, tient la baguette de l’éternel été,
Les aurores boréales naissent parfois sur un même miracle, de deux regards croisés.
L'Arctique ne dit pas « adieu », mais « à jamais »,
Nos cœurs en feu de glace y brûlent désormais,
Le vent effacera nos traces éphémères,
Mais l'éblouissement survivra aux congères.

Dans le musée secret des aurores boréales,
Nos pas de rêveurs sont gravés en spirales,
Le cristal infini, gardien de nos fièvres,
Scelle en son froid éternel la chaleur de nos lèvres.

Guy dit l’Arié…..Joie