Sur la Piste des Indiens de l’Ouest Américain
entre Totems et Canyons

C’est là, dans l’air sec du Nouveau-Mexique que naît le souffle ancien,
La piste rouge appelle au lent voyage, sur les traces d’un peuple citoyen,
La piste rouge appelle au lent voyage, sur les traces d’un peuple citoyen,
Albuquerque, fut fondée jadis comme poste colonial aux couleurs espagnoles,
Sous les tuiles d’adobe la vieille ville chuchote ses vieilles lois campagnolles.
Sous les tuiles d’adobe la vieille ville chuchote ses vieilles lois campagnolles.
Capitale ailée, chaque automne elle s’élève, quand les montgolfières
par centaines, prennent leur envol,
« Balloon Fiesta » peint le ciel d’arabesques,
et le vent chante en mille couleurs célestes,
Mais c’est au cœur du Pueblo Cultural Centre
que le voyage prend la tournure de chanson de geste,
Dix-neuf villages, langues et traditions, nous parlent de maïs,
que le voyage prend la tournure de chanson de geste,
Dix-neuf villages, langues et traditions, nous parlent de maïs,
de foi, de transmission et de gloriole.
À Taos, les saules rouges au pied des monts se dévoilent,
Dans les maisons d’adobe sans eau ni lumière, bat encor l’âme d’une terre sans voiles,
Dans les maisons d’adobe sans eau ni lumière, bat encor l’âme d’une terre sans voiles,
Descendants des Anasazis ils gardent la mémoire d’un monde oublié,
Le Rio Grande veille sur ces demeures, où rayonne en douceur la simplicité.
Le Rio Grande veille sur ces demeures, où rayonne en douceur la simplicité.

Perchée là-haut, où l’air devient plus pur, Santa Fé veille à l’essentiel,
Fondée par l’Espagne en ses heures dorées, elle vit les Pueblos un jour se rebeller,
En 1680, la ville fut blessure, les Jicarilla et Ute grondèrent, les cloches furent muselées,
En 1875 des mains auvergnates élevèrent la cathédrale Saint-François d’Assise vers le ciel.
Géante elle s’élance au fil des États de Chicago à l’océan, droite comme un défi,
Ruban de feu et de poussière, la Route 66 traverse les rêves des camionneurs à l’infini,
Au Nouveau-Mexique elle fend le désert où les moteurs rugissent comme des lions,
Américaine symphonie en vibrations, Route-Reine où jaunissent les éclats de néon.
Voici Durango, son nom basque roule comme les vagues de l’océan,
Depuis 1881, le train crache le tocsin vers les filons d’or et les mines d’argent,
Vers Silverton, le tortillard s’élance, il danse au bord des précipices
Au mur du saloon, l’Arié… Joie a offert sa frimousse et sa moustache sans sacrifice.

Arizona, le Souffle des Ancêtres
Les hogans ronds, tournés vers l’Orient abritent les songes d’un peuple en passage,
Dans le Canyon de Chelly, aux parois roses, les Anasazis bâtirent mille idées,
Quand les Navajos gardent leur troupeau là où l’esprit s’est posé.
Et puis vient Monument Valley aux totems géants dressés vers les cieux,
Là où John Wayne chevaucha, colt en bandoulière sur le sable en feu,
Pour le barbecue crépitant au pied du rocher, le bifteck fume face à l’indien en attention,
Tandis que l’Ouest déroule sa longue chanson, où Rusty salue Rintintin, dans l’horizon.

Creusé par la rivière, en longs sillons de feu, Zion déploie ses murs vers l’azur silencieux,
Les Mormons y nommèrent « West Temple »,« Towers of the Virgin » des temples de lumière,
Abraham, Jacob, Isaac, rouges titans, leur nom fut offert par un méthodiste pieux ,
Par l’escalier des géants, Zion offre une oasis sacrée dans l’écrin du désert, comme une prière.
Sous le ciel bleu de Californie ardente, un trottoir d’or attend son nouveau roi,
Entre Chaplin, Monroe, ombre éclatante, un nom s’écrit : Arié…Joie,
Les enfants hurlent, le bison blanc salue, les bottes poussiéreuses ont franchi l’horizon, D’un burin vif, il grave sa venue, cow-boy errant, le ciel rit de sa chanson.

Un saut d’aile légère, et la baie de San Francisco brille,
Joyau dans son écrin, où jadis l’or coula sous des mains en guenilles,
La route sinueuse des Seventeen Miles Drive nous mène à Monterey,
Là trône Lone Cypress, solitaire de deux cent cinquante ans, fier cyprès.
Mais plus loin, Bird Rock s’élève et se blanchit,
Sur un trône d’excréments de mouettes rieuses, de cormorans altiers,
Les pélicans immobiles en sanctuaire marin l’ont transformé
Proche, Seal Rock résonne de cris profonds, des phoques, maîtres des rochers gris.
Le Kelp Forest, l’aquarium immense s’élève, forêt sous l’océan,
Sur neuf mètres de haut, sur trois étages, un monde vertical, vertige frissonnant,
Les poulpes géants y dessinent l’invisible, tandis que les raies s’offrent aux mains curieuses,
Ici tout est mouvant, magique, indicible, l’Ouest touche la mer d’une grâce mystérieuse.
Carmel s’endort au creux des pins tranquilles, Clint Eastwood maire y régna,
La mission s’élève, San Carlos Borromeo, église abandonnée, relevée pas à pas,
Deux musées, une école, des souvenirs, font revivre aux pierres franciscaine leur âme,
Parmi les collines où la mer se resserre, l’Amérique se mêle à la foi castillane.
Vers Yosemite, la cathédrale des géants
Par la Gateway to Yosemite sacré, les falaises s’élèvent, abruptes, dans la démesure, Dans la Sierra Nevada, à l’austère majesté voici Half Dome, rocher tranché dans l’azur,
Que les Indiens nommaient Tis-sa-ack la fendue,
Granit démesuré, comme un dieu pétrifié de la terre repue.
Yosemite Falls jaillit d’un cri de cristal, ses 740 mètres dansent au vent,
El Capitan, mur de pierre abrupte pour héros sans filet,
Deux grimpeurs en 2015, défiant peurs et tourments,
Y dormirent suspendus dans leurs tentes en reflets.
Dans la Forêt des Titans de Mariposa Grove, les séquoias hauts tutoient le sacré,
Certains ont vu naître les temples d’Israël, leurs cimes frôlent l’astre ocré,
Celui qu’on nomma Wawona Tunnel Tree, vit passer des wagons, des cœurs, des générations,
Mais sous la neige, en 69, il plia, meurtri, offrant à la mémoire sa dernière oraison.

À San Francisco, le Golden Gate, tel un ruban vermeil garde la baie, fièrement décorée,
Transamerica, gratte-ciel fuselé, éclaire les ambitions d’hommes en ascension,
À Alamo Square, les Painted Ladies, posent fières dans leur tenue de séquoia sculpté,
Lombard Street, sinueuse et fleurie, tourne huit fois sous un ciel d’émotions.

Vieilles icônes aux grincements complices, les Cable Cars sur les collines se hissent,
À Fisherman’s Wharf, les lions de mer s’étendent sur les pontons où les flots s’hérissent,
Et l’on part, rêveur, vers l’île d’Alcatraz, où l’ombre d’Al Capone plane avec dédain.
J’ai marché chez les Pueblos,
J’ai volé chez les Navajos,
Gravé mon nom sur les plateaux,
Et bu la poussière des grands rodéos.
J’ai dansé sous les néons roses,
Des motels glauques de Formose,
J’ai croisé l’ombre d’un vieux shérif,
Dans une ville où le temps fait grève.
J’ai chanté à Las Vegas,
Avec un chapeau et des santiags classe,
Sous les dollars qui tombaient en pluie,
Mon harmonica sonnait l’oubli.
J’ai rêvé à Hollywood,
Ma bannière flottait, c’était pour de bon, dude !
Une étoile à mes pieds, la tête dans les projos,
Moi, le cow-boy venu des cols pyrénéos.
J’ai surfé sur le vent de San Francisco,
Vu le pont rouge fondre dans les flots,
J’ai salué les lions du Wharf alangui,
Avant qu’Alcatraz referme son cri.
J’ai roulé sur la 17 Miles Drive,
Sous les cyprès, les embruns m’ont rendu ivre,
À Monterey, j’ai vu les oiseaux crier,
Et les otaries bâiller sans se presser.
J’ai dormi sous les géants de Mariposa,
Leurs racines millénaires m’ouvraient les bras,
J’ai gravé “Tis-sa-ack” dans la roche fendue,
Et vu Yosemite s’habiller de nues.
Ce mur des fous, des héros, des titans,
Dans la vallée j’ai vu tomber l’eau,
Yosemite Falls me coupa les mots.
J’ai vu la rue qui fait des vaguelettes,
Lombard Street, fleurie comme un bal musette,
J’ai salué la Maison Bleue d’un signe,
Et chanté Maxime sous les collines.
J’ai grimpé sur les Cable Cars d’un bond,
Comme dans un vieux film de Charlot garçon,
J’ai sillonné les rails, les musées, les bars,
J’ai laissé mon rire entre deux gares.
Et maintenant je redescends du film,
Avec l’écho des plaines en épilogue sublime,
Je repars vers l’Essonne, ma patrie au galop,
Mais mon cœur galope encore à Monumento.
FIN de la chevauchée, FIN de l’odyssée,
Mais l’Ouest m’a gravé dans ses vallées,
Je suis revenu, mais un peu ailleurs,
Car l’Ouest, c’est une ride au fond du cœur.
Guy dit l’Arié…..Joie