L'Arié...Joie et la Sœurette aux Sachets

Un jour s'approcha la sœurette d'André,
D'un pas de nonne en robe de soie,
Et d'une voix douce à vous faire rêver :
« Monsieur Pujol, votre plume est une joie !
Vos vers, vos voyages, vos récits profonds
Ont le parfum des horizons sans fond ;
Je pense, sans flatterie ni détour,
Que le monde entier vous lira quelque jour.
Vos lecteurs, avides d'émotion,
N'attendent de vous qu'une révélation. »
Puis elle ouvrit sa besace enchantée :
« J'ai quatre sachets à vous présenter.
Le premier vous lustre un peu la vitrine,
Le second vous coiffe d'une gloire divine,
Le troisième rassemble un peuple fidèle,
Le quatrième est pure merveille :
Pour quinze cents écus, sans le moindre souci,
Je porte vos livres jusqu'au bout de la nuit. »
L'Arié...Joie alors, souriant sous son chapeau,
La regarda sans quitter son perchoir de corbeau :
« Soeurette d'André, vos mots sont sucre et miel,
Mais leur parfum me semble artificiel.
Vos sachets dorés, vos promesses légères,
Volent plus haut que les montgolfières.
Votre frère le Renard, maître en séduction,
M'a déjà récité la même chanson.
Je garde mon cheval, mes chemins de poussière,
Mes lecteurs fidèles et mes vers de lumière,
Car la gloire achetée au prix des illusions
Finit souvent noyée dans les désillusions. »

Morale
Quand la Sœurette vous vend des merveilles en sachets,
Comptez d'abord les preuves avant de les acheter.
L'Arié...Joie connaît depuis longtemps cet adage :
Le flatteur peint l'or sur le vide apparent,
Le sage Arié...Joie attend la preuve et garde son argent.
Le sage Arié...Joie attend la preuve et garde son argent.

Le Corbeau vieillit, mais son regard demeure,
Il reconnaît de loin les vendeurs de bonheur,
Il écoute en souriant les promesses trop belles,
Puis retourne à ses vers, à ses routes fidèles.
Il reconnaît de loin les vendeurs de bonheur,
Il écoute en souriant les promesses trop belles,
Puis retourne à ses vers, à ses routes fidèles.
Mais un lecteur sincère vaut une clientèle ;
Et sous le ciel d'Ariège où s'étirent les saisons,
L'Arié...Joie poursuit tranquillement sa chanson.
Et sous le ciel d'Ariège où s'étirent les saisons,
L'Arié...Joie poursuit tranquillement sa chanson.
Guy Pujol dit l’ARIÉ…..JOIE