LE DRAME de MOURISCOU
NO PASSARAN -Acte 1-
Sur mes terres natales d’Ariège, là où les Pyrénées dressent leur vérité, la
dignité, la solidarité, et le refus ferme de l’injustice se dressent sur les coteaux de Mouriscou,
dans le petit village des Bordes sur Arize.
L'ESPOIR SE RELÈVE
Sur les coteaux meurtris qu’un sombre jour alourdit,
La rumeur de la peine a traversé les plaines,
Deux frères ont senti vaciller leur crédit,
Quand la Dermatose Nodulaire frappa leurs terres sereines.

Deux cent huit doux regards, menacés d’un adieu,
Ont troublé leur aurore et glacé leur courage,
Mais la vallée entière a murmuré : Nous serons deux,
Et plus encore, pour faire rempart à ce nuage.
Les phares dans la nuit veillaient comme des gardiens,
Et les voix paysannes soutenaient leur détresse,
Unis dans la douleur, ils tissaient ce lien
Qui fait qu’en Ariège, on vainc par la tendresse.

Alors, sous les étoiles, jaillit comme un défi,
Le protocole espéré, mince rayon de vie,
Un sursis s’est levé, repoussant l’infini
D’un verdict trop brutal qu’on redoutait, banni.

Car nul ici ne plie quand soufflent les tourments,
Les monts savent tenir tout espoir à la crête,
Même un souffle fragile, même un seul firmament,
Ravive le courage et la paix qu’à vivre on s’apprête.
Frères de Mouriscou, que vos cœurs soient légers,
Derrière chaque bête une vallée vous porte,
Et tant qu’un pas demeure à tenter, à partager,
L’espoir fidèle veille, et jamais ne s’emporte.
Sur les hauteurs de la vallée de l’Arize, l’espoir vit encore,
Il a le goût chaud du courage et la couleur des blés d’or.

NO PASSARAN : vous êtes le rempart vivant.
NO PASSARAN : pas sans justice, pas sans respect.
TOCOS Y SÉ GAUSO -Acte 2-
Aux Bordes-sur-Arize, au crépuscule la montagne retient un souffle incandescent,
Sous les braises du soir, la colère succombe, car l’État marche armé vers l’enclos frémissant,
Vingt-quatre heures durant, les tracteurs en rempart ont protégé "Mouriscou" comme un ultime asile,
Mais le vent de décembre apporte le brouillard et la rumeur d’un verdict irrévocable et hostile.

Les gendarmes sont là dans la nuit grise, avançant pas à pas sur les pierres, proche de leurs blindés,
Les cris montent, les feux s’allument, la terre se déchire, et l’honneur paysan vacille mais ne plaît,
un paysan, « Que justice s’apaise ! », mais l’ordre est : ABATTRE sans RETOUR,
Dans les yeux des Vergé, la détresse surgit, comme un vieux chêne seul qui refuse le secours.

Le premier barrage cède, brûlé par la nuit, et l’on voit s’écouler la marée casquée sombre,
Pourtant les gens du cru, debout malgré le danger, font face au sort de fer qui plane comme une ombre,
huit innocentes, blondes comme les blés, qui n’ont pour tout forfait que d’être nées élégantes,
Portent en leurs regards la règle d'un verdict que nul cœur de pays ne peut trouver décente.
Un accord arraché, un pardon impossible, une famille qui signe avec tremblement,
Comment refuser, quand tout devient dangereux, sous la force d’un État qui dit agir « prudemment » !
Alors les tracteurs s’en vont, l’un après l’autre, la nuit engloutit l’espoir sous son manteau,
Et l’on entend passer, dans l’air froid qui s’émotte, le murmure d’un pays blessé jusqu’à la peau.

Les BLINDÉS et la VACHE -Acte 3-
-Fable à la façon de Jean de La Fontaine-
Sur un coteau tranquille où l’herbe était grasse, vivait une Vache au flanc blanc, fière et parée,
Entourée de son clan, deux cent huit têtes douces, qui connaissaient les vents, les saisons, en pleine santé,
Un mal, venu du ciel, tomba comme un orage, un point, un nœud, un rien, mais qui fit grand tapage,
Tranchons ! Nettoyons, Soyons prudents ! crièrent aussitôt ceux à la tête du Royaume : les Sages !

La Vache leur répondit : « Je souffre, mais je vis, guérissez-moi ! Ne tuez point mes petits »,
Le mal n’est pas la mort : c’est l’ombre sur la route, mais les Sages riaient, cloîtrés dans leur déni,
Alors montèrent du village, les blindés grondants, frappant le sol de leur démarche hostile,
Les Pasteurs, pleurant, dressèrent leurs remparts, car parfois l’injustice, fait des hommes des torpilles.Les Blindés avancèrent, froids comme la consigne, la Vache recula, son veau contre l’échine, blotti d’effroi,
« Ô Sages, murmura-t-elle, est-ce donc là le droit ? Tuer pour prévenir ? Le remède est trop froid !
Rien n’y fit : les Sages à la plume autoritaire, dirent : « Point de débat ! Le troupeau doit se taire,
La force tranche tout, et décide du vrai. » Ainsi parle, hélas, le pouvoir quand il se réfère du ministère.
On entendit longtemps les beuglements funèbres, L’écho les porta jusqu’aux nuages des ténèbres,
Le soir, les champs semblaient déserts comme un tombeau, L’aube y trouva du froid, là où naissait le beau,
La raison du plus fort, chacun le sait, demeure, Mais rarement, jamais, ne fut la vraie meilleure.
POUR QUI SONNE LE GLAS
Le matin s’est levé sans chant, la terre avait gardé les plaies de la veille,
La paille fumait encore et l’hiver retenait son souffle au matin de l’éveil,
Dans l’herbe détrempée dormaient les débris froids, vestiges d’une nuit sans loi,
Plus loin, la vie broutait, paisible et muette, ignorant le verdict tombé du pourquoi !

Alors le glas a sonné, grave, non d’une cloche d’or, mais d’un ordre trop lourd,
Deux cent huit regards ont quitté la lumière, un à un, sans colère, livrés à la poussière, sans retour,
Ce n’était pas un nombre, ni un simple troupeau, mais des saisons de vie et de labeur,
Chaque bête emportait un geste, une voix, une main sur un front, un serment travailleur.

Les deux frères sont restés, droits dans la douleur, car on ne fuit jamais ce qu’on aime vraiment,
Ils ont vu tomber là, sans armes ni défense, tout un monde paysan frappé du déblaiement,
Quand tout fut achevé, Mouriscou prit le deuil, la montagne elle-même sembla mise à nu,
Et l’Ariège pleura ses blondes sacrifiées, non par haine, mais par peur et se tut.
Mouriscou n’a point crié la haine, mais éveillé les cœurs à la simple conscience,
Sans bris ni cris vengeurs, sa parole est humaine, enracinée, plus forte que l’absence,
Mouriscou a levé la nuit sans détour, il a tendu la main, non pour vaincre, mais pour dire,
Que nul ne décide plus du vivant hors de l’amour et qu’après ce silence, on ne puisse plus fuir.

PREMIERS MATINS d'HIVER à MOURISCOU
L’hiver est arrivé, la terre a soupiré sous son manteau de givre,
À Mouriscou, le jour se lève diminué et le soleil, trop pâle, hésite encore à vivre,
Champs se sont tus, privés de leurs chansons, sur les coteaux blanchis,
La vie semble absente, mais quelque chose résiste, discret, en rêverie.
La neige, si elle tombe, aura ce blanc sévère qui cache autant qu’il pleure,
sol meurtri « Je suis l’oubli possible, mais aussi l’avenir », sans leurre,
Oui, l’hiver blanchit tout et la bise mord sévère aux mains déjà blessées,
Mais, ferme portes et murs, et laisse ton cœur ouvert, c’est lui l’embrasure rêvée.
La haine est l’hiver du cœur, le plus cruel, celui qui fige l’âme et dessèche la voix,
Mais l’amour, tison rouge au fond du feu charnel, ne s’éteint pas, il éclaire à la fois,
À Mouriscou, la peine est lourde, les étables sont vides, et l’aube à froid au seuil,
Pourtant, sous la terre dure, la sève suit son lent chemin, au-delà du deuil.

L’hiver n’est jamais la fin du calendrier, il est le temps du silence, de l’attente,
Même la lune pâle, laisse aux hommes blessés une espérance combattante,
et quand reviendra l’heure où l’astre rallongera ses pas sur le coteau,
Mouriscou saura qu’au plus sombre des jours, on s’éclaire de ce qui rebrûlera bientôt.
MERCI à Toutes et à Tous
À vous qui m’avez lu quand la nuit se referme, à vous qui dans la nuit avez porté ma voix,
Offrant mots, cœurs et force à mon humble écriture, je rends grâce aujourd’hui, votre élan fait ma loi,
Je dis merci, brûlé, mais debout, vos voix ont mis le feu dans l’ombre de ma rage,
Je vois briller au loin l’espoir : protéger les troupeaux, c’est mieux, et bien plus sage !

Au total c’est plus de 1 million de vues sur ma page Facebook qui sont
venues se poser sur ma « Saga du Drame de Mouriscou ».
MERCI, je vous dédie mes larmes !
Guy Pujol dit l’ARIÉ…..JOIE
Natif des Bordes sur Arize